Tu savais, ça ? Des informations strictement inutiles et donc rigoureusement indispensables
Pourquoi certains instruments s’accordent en “LA 440 Hz” ?

Pourquoi certains instruments s’accordent en “LA 440 Hz” ?

Avant un concert, il y a un petit rituel qui passe souvent inaperçu. Le silence s’installe, puis un instrument fait entendre une note longue et parfaitement stable : le la. En quelques secondes, tout l’orchestre s’accorde autour de cette référence.

Mais pourquoi cette note-là ? Et surtout, pourquoi précisément 440 hertz ? Ce chiffre semble presque sorti de nulle part. Pourtant, il est le fruit de plusieurs siècles de débats, de compromis… et d’histoire musicale.

D’abord, qu’est-ce que 440 hertz ?

Le hertz est une unité qui mesure une fréquence. Un hertz correspond à une vibration par seconde. Ainsi, lorsqu’un musicien joue un la à 440 Hz, cela signifie que la corde, la colonne d’air ou la membrane de son instrument vibre exactement 440 fois par seconde.

Chaque note possède ainsi sa propre fréquence. Plus cette fréquence augmente, plus le son est aigu. À l’inverse, lorsqu’elle diminue, le son devient plus grave. D’ailleurs, lorsqu’on double une fréquence, on obtient la même note… une octave plus haut.

Pendant longtemps, chacun jouait à sa façon

Aujourd’hui, on considère le la 440 comme une évidence. Pourtant, pendant des siècles, aucune norme n’existait. Chaque ville, chaque église, chaque facteur d’instruments et chaque orchestre choisissait sa propre hauteur.

Au XVIIIᵉ et au XIXᵉ siècle, un « la » pouvait ainsi varier entre environ 370 Hz et près de 480 Hz. Autant dire que lorsque des musiciens venus de régions différentes se retrouvaient, l’accord devenait vite compliqué.

Les chanteurs étaient les premiers à s’en plaindre. Un diapason trop élevé fatiguait rapidement la voix. À l’inverse, un accordage plus bas rendait parfois les œuvres moins éclatantes.

Trouver une référence commune

Au XIXᵉ siècle, les scientifiques commencent à mesurer précisément les fréquences musicales. En France, une loi adopte officiellement un la à 435 Hz en 1859. D’autres pays préfèrent cependant des valeurs légèrement différentes, comme 439 Hz ou davantage. Finalement, en 1939, une conférence internationale organisée à Londres propose d’adopter une fréquence unique : 440 Hz.

Ce choix n’a rien de mystérieux. Il représente simplement un compromis entre les habitudes des différents pays et les possibilités techniques des instruments de l’époque. Quelques années plus tard, en 1955, l’Organisation internationale de normalisation officialise cette référence avec la norme ISO 16.

Depuis, le la 440 est devenu le standard utilisé dans la majeure partie du monde.

Pourtant, tous les orchestres ne jouent pas à 440 Hz

Cette norme reste une convention, pas une obligation. De nombreux orchestres symphoniques modernes préfèrent s’accorder à 442, voire 443 Hz. Cette légère différence rend le son un peu plus brillant et plus éclatant dans une grande salle.

À l’inverse, les ensembles spécialisés dans la musique baroque utilisent souvent un la autour de 415 Hz. Pourquoi ? Tout simplement parce que les instruments des XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles avaient été conçus pour des diapasons plus bas. Jouer cette musique avec son accordage d’origine permet de retrouver une couleur sonore plus proche de celle qu’entendaient les compositeurs.

Et le fameux « la 432 Hz » ?

Depuis quelques années, le la 432 Hz fait beaucoup parler de lui. Certains affirment qu’il s’agirait de la fréquence naturelle de l’univers, capable d’apaiser l’esprit ou même de produire des effets bénéfiques sur le corps. En réalité, aucune étude scientifique solide ne confirme ces affirmations.

En revanche, il est vrai qu’une musique accordée à 432 Hz paraît légèrement plus grave que la même interprétée à 440 Hz. Certaines personnes préfèrent cette couleur sonore plus douce, d’autres ne perçoivent pratiquement aucune différence. Il s’agit donc avant tout d’une préférence musicale, pas d’une vérité scientifique.

Une norme qui facilite la musique

Le la 440 Hz n’a jamais été choisi parce qu’il serait « parfait ». Il a simplement permis à des musiciens du monde entier de jouer ensemble sans devoir réaccorder tous leurs instruments. Et c’est finalement tout l’intérêt d’une norme : offrir un langage commun, sans empêcher chaque style musical, chaque époque ou chaque culture de conserver sa propre identité sonore.

Infos bonus

• Le diapason métallique en forme de fourche a été inventé en 1711 par le musicien anglais John Shore.

• La norme internationale ISO 16 fixe officiellement le la de référence à 440 Hz depuis 1955.

• Les violonistes s’accordent traditionnellement sur le la du hautbois, car cet instrument conserve une hauteur très stable.

• Certains orchestres viennois jouent régulièrement à 443 Hz, l’un des diapasons les plus élevés utilisés aujourd’hui.

• Contrairement à une idée largement répandue, passer de 440 à 432 Hz ne correspond pas à un quart de ton. L’écart est beaucoup plus faible : environ 32 cents, soit un peu moins d’un tiers de demi-ton.

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