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Pourquoi n’y a-t-il pas de péage en Bretagne ?

Pourquoi n’y a-t-il pas de péage en Bretagne ?

Tu l’as sûrement remarqué. Dès que tu entres en Bretagne, les barrières de péage disparaissent. Plus de ticket à prendre. Plus de carte bancaire à sortir. Tu peux traverser toute la région sans payer un seul péage.
Mais pourquoi la Bretagne est-elle la seule région de France à bénéficier d’un tel privilège ?

Une région sans autoroutes… mais pas sans voies rapides

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la Bretagne possède un vaste réseau de routes rapides.

La plupart sont aménagées en deux fois deux voies, avec des échangeurs, des limitations comparables à celles des autoroutes et un haut niveau de sécurité.

Pourtant, elles ne sont pas classées comme des autoroutes concédées. Ce sont essentiellement des routes nationales ou départementales. Elles restent donc gratuites.

Cette situation est unique en France.

Tout commence dans les années 1960

À cette époque, la Bretagne souffre d’un important retard en matière de transports.

La région est éloignée des grands centres économiques. Les routes sont étroites et les trajets prennent beaucoup de temps. Cet isolement freine le développement des entreprises et de l’agriculture.

Les élus bretons réclament alors un vaste programme de modernisation.

Le gouvernement de Georges Pompidou accepte cette demande. En 1969, il lance le Plan routier breton, destiné à désenclaver la région.

Une condition : les routes resteront gratuites

Les responsables bretons défendent une idée simple.

La Bretagne se trouve à l’extrémité ouest du pays. Ses habitants parcourent déjà davantage de kilomètres pour rejoindre le reste de la France.

Il n’était donc pas question de leur demander de payer en plus des péages.

L’État finance alors directement la construction des voies express. Contrairement à de nombreuses autoroutes françaises, elles ne sont jamais confiées à des sociétés privées.

Sans concession autoroutière, il n’y a tout simplement… pas de péage.

Une exception qui dure depuis plus de cinquante ans

Depuis cette décision, plusieurs gouvernements ont évoqué la possibilité de rendre certaines routes payantes.

Chaque fois, les élus bretons, les collectivités et les habitants s’y sont fermement opposés.

Aujourd’hui, cette gratuité est devenue un véritable symbole régional.

Pour beaucoup de Bretons, elle fait partie du contrat passé avec l’État lors du désenclavement de la région.

Qui paie l’entretien ?

Gratuit ne signifie évidemment pas sans coût.

Le réseau breton compte près de 1 800 kilomètres de voies express. Son entretien est financé par l’État, avec la participation des collectivités selon les portions concernées.

Comme pour les autres routes nationales, ce sont donc les impôts qui permettent de financer les travaux, la signalisation ou les réparations.

En échange, chacun peut circuler librement, sans s’arrêter à une seule barrière.

Une particularité française

Cette situation intrigue souvent les visiteurs.

En France, la majorité des grandes autoroutes appartiennent à des sociétés concessionnaires qui financent leur entretien grâce aux péages.

La Bretagne a suivi un modèle totalement différent.

Résultat, elle reste aujourd’hui la seule région métropolitaine où l’on peut parcourir tout le réseau principal sans payer de péage.

Info bonus

  • Le Plan routier breton prévoyait de relier Rennes aux principales villes bretonnes par des voies rapides gratuites.
  • Les panneaux bleus ressemblent à ceux des autoroutes, mais ils signalent principalement des voies express gratuites.
  • La vitesse maximale sur ces routes est généralement limitée à 110 km/h, contre 130 km/h sur les autoroutes.
  • La Bretagne compte parmi les régions françaises où la part de routes gratuites à deux fois deux voies est la plus importante.
  • En 2013, le projet d’écotaxe sur les poids lourds a provoqué le mouvement des Bonnets rouges, preuve que la question des transports reste très sensible en Bretagne.

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